Le développement industriel nucléaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux de 1936 à nos jours

bourg de st paul

Acte 1 : Saint-Paul, un village de 1500 âmes avant son  développement industriel

En 1936, Saint-Paul-Trois-Châteaux est un village de 1500 habitants. La principale activité est l’agriculture, et le remembrement se fera en 1956. Les terres sont morcelées, avec beaucoup de fossés et de haies. Les inondations sont régulières et ne permettent guère l’étalement des habitations.

À la gare de Saint-Paul, un train à vapeur assure une fois par jour la liaison entre Pierrelatte et Nyons.

Ce qui peut sembler si lointain, des habitants natifs de Saint-Paul peuvent encore témoigner de cette époque.

Dans ce village paisible, le garde champêtre assure la paix et la tranquillité et personne ne peut encore imaginer la révolution industrielle qui se prépare ici.

Pourtant depuis 1922 un projet d’ampleur est déjà à l’étude.

Vous avez connu cette époque et vous souhaitez apporter votre témoignage dans une vidéo de moins de trois minutes. Faites-nous signe ici.

Acte 2 : Le canal de Donzère-Mondragon, le plus grand chantier d’Europe

C’est en 1947 que le plus grand chantier d’Europe pour l’époque et l’un des plus grands au monde s’ouvre sur notre territoire. Le canal de Donzère-Mondragon doit s’étendre sur 24 km.

Cela, afin de rendre le Rhône navigable pour le transport fluvial, permettre l’irrigation des terres, de contrôler le débit du Rhône et de renforcer les capacités de production d’électricité française.

Grâce à la réalisation d’un ouvrage révolutionnaire pour l’époque, la centrale hydroélectrique deviendra la plus productive d’Europe.

Son écluse, haute de 23 mètres, devient la plus grande au monde en son temps, grâce à un procédé nouveau inventé par un ingénieur français.

Ce chantier sera réalisé en 5 années, il aura impliqué entre 6 et 7 000 ouvriers.

En 1952, le président Vincent Auriol a inauguré cette réalisation.

photo memoire drome

Acte 3 : Force de dissuasion nucléaire voulue par le Général de Gaulle en 1958

Fort de ce travail réalisé lors de la construction du canal, d’une main-d’œuvre présente sur le territoire et d’une énergie hydroélectrique de proximité, l’État français implante un élément de sa stratégie militaire.

À la suite de deux guerres successives, notre pays s’engage dans le cadre de la force de dissuasion nucléaire française. Les installations militaires seront implantées sur le site de Pierrelatte. La clôture du site se positionne sur les secteurs de Pierrelatte, Saint-Paul, Bollène.

Notre commune prend alors une direction différente en termes de développement.

C’est en 1956 qu’a été posée la première pierre du bâtiment pilote. S’ensuivra la construction des installations militaires, Usines de Diffusion Gazeuses (UDG). Elles seront en service de 1960 à 1996 et ont produit de l’uranium enrichi à 90 % destiné à la fabrication d’armes nucléaires.

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) les exploite jusqu’en 1978 puis en confie l’exploitation à Cogema dans le cadre d’une convention avec le ministère de la Défense.

L’énergie électrique nécessaire au fonctionnement des installations était produite par le barrage hydroélectrique aujourd’hui appelé Blondel.

Sous la présidence de Jacques Chirac, ces installations militaires seront fermées en juin 1996.

À partir de cette date, le démantèlement des usines a été entrepris. Ce chantier a été achevé en 2008.

Cependant, bien avant l’arrêt des installations, il fallut trouver une autre voie pour ce site qui s’est naturellement tourné vers la chimie de l’uranium.

Ce lien nous permet de mieux comprendre le processus de transformation du minerai en allant vers la production d’énergie. https://www.orano.group/fr/decodage/tout-savoir-sur-l-uranium

Sur ce site, se sont succédées quatre grandes entreprises : CEA – COGEMA – AREVA – ORANO.

Orano est un important contributeur fiscal de la ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux. En 2024, l’entreprise a versé à la ville plus de deux millions d’euros  au titre de la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises.

Sources  Rapport d’orientation budgétaire 2026 – Ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux

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Acte 4 : Usines chimiques de Pierrelatte (Comurhex)

De l’automne 1961 à juin 1963, les usines chimiques de Pierrelatte sont construites sous la direction de Philippe Coste, un ingénieur de l’École polytechnique et des Mines. En 1962 est créée la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte (SUCP) afin de produire l’hexafluorure d’uranium (UF6) nécessaire pour alimenter l’usine d’enrichissement de l’uranium du programme nucléaire militaire de la France. En 1971 est créée la société Comurhex qui reprend l’exploitation.

Projet Comurhex II

En juin 2007, Areva (désormais Orano) annonce son projet – intitulé Comurhex II – de nouvelles usines de conversion de l’uranium. Le projet, qui est réparti sur les sites Comurhex de Pierrelatte et de Malvési dans l’Aude, atteint un montant total d’environ 600 millions d’euros. Les travaux de génie civil ont commencé en novembre 2009.

Le 31 décembre 2017, l’usine historique de conversion Comurhex I cesse définitivement sa production industrielle après 55 ans de fonctionnement. Elle sera remplacée courant 2018 par la nouvelle usine Comurhex II, alors en test.

Orano a inauguré Comurhex II, le 10 septembre 2018. Le projet a subi six ans de retard et a vu sa facture doublée, à 1,15 milliards d’euros.

Côté environnement :

L’usine est baptisée Philippe Coste[13]. Par rapport à l’ancienne usine arrêtée fin 2017, Comurhex II réduit les consommations de réactifs chimiques : ammoniac -75 %, acide nitrique -50 %, potasse -60 %, et divise par dix la consommation d’eau.

Sources Wikipédia – ORANO

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Image : Le Dauphiné libéré  L’usine historique de conversion d’uranium …

Acte 5 : Nucléaire civil Eurodif

En 1969, sous l’impulsion du Président Georges Pompidou, une association de pays européens s’engage sur des études de faisabilité d’une usine d’enrichissement de taille internationale :

Eurodif (pour European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium).

Le nucléaire civil prend forme et l’usine Georges Besse Production sera en service de 1973 à 2019. Eurodif était une installation nucléaire spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. L’usine était implantée dans le site nucléaire du Tricastin.

Après un débat public organisé en 2004, un accord quadripartite est signé entre la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas en juillet 2005. La construction de l’installation Georges-Besse II est autorisée par décret du 27 avril 2007.

Le coût du projet est alors estimé à 3 milliards d’euros et la durée des travaux à une dizaine d’années.

Les travaux de construction durent 4 ans et l’inauguration de cette nouvelle usine a lieu le 14 décembre 2010 par Anne Lauvergeon, alors présidente du directoire d’Areva. S’en suivra une montée en puissance progressive.

La construction sera réalisée à l’intérieur du site existant du Tricastin, permettant d’éviter tout impact nouveau sur le plan de l’aménagement du territoire ou d’infrastructures.

Le 17 novembre 2019, Eurodif est absorbée par la société Orano Cycle.

Le 19 octobre 2023, le conseil d’administration d’Orano valide le projet d’extension de l’usine d’enrichissement d’uranium du Tricastin. Les capacités de production du site seront augmentées de 30 % d’ici à 2028 pour un coût d’investissement estimé à 1,7 milliards d’euros. La part d’Orano dans le marché mondial de l’enrichissement est estimée à 12 %, contre 45 % pour le russe Rosatom, 31 % pour l’entreprise anglo-germano-néerlandaise Urenco et 12 % pour le chinois CNNC. L’objectif d’Orano est de contribuer à la baisse des importations russes des États-Unis à 15 % d’ici à 2028 contre 25,5 % en 2022[10].

Côté environnement

Le modernisme des installations et le procédé de centrifugation ne nécessitent plus l’utilisation des tours aéroréfrigérantes alors que Eurodif, nécessitait pour son refroidissement deux tours et 26 millions de m³ d’eau par an.

Dans la perspective d’une diminution de l’alimentation d’approvisionnement en eau du canal, de 10 à 40 % du fait de la fonte des glaciers et de l’élévation des températures, Orano permet ainsi de poursuivre ses activités dans de meilleures conditions. La fiabilité des installations passe aussi par la prise en compte des évolutions liées aux problèmes du dérèglement climatique et à la préservation de l’environnement.

 Sources Wikipédia – CEA – ORANO

Acte 6 : L’énergie et le développement du nucléaire EDF

Dès l’époque de reconstruction du pays qui fait suite à l’après-guerre, il devient nécessaire de réfléchir à la production d’énergie électrique dont l’industrie a de plus en plus besoin. Les perspectives de croissance montrent une nécessité de doubler cette production d’énergie tous les dix ans, en faisant appel principalement à l’énergie hydroélectrique.

Toutefois les sites capables de produire cette énergie sont  limités et les capacités de production atteignent aussi leurs limites.

Entre 1950 et 1960, alors que l’énergie devient de plus en plus chère, que la production de charbon baisse et qu’il devient nécessaire de l’importer, la stratégie énergétique de la France est à revoir.

Le pétrole quant à lui est  bon marché à cette époque mais ne peut  assurer à lui seul les besoins énergétiques pour l’avenir.

Entre 1973 et 1979, les deux crises pétrolières confortent le choix de la production électrique nucléaire pour assurer l’indépendance énergétique du pays et assurer des coûts moins onéreux.

En 1974, débute la construction de la centrale nucléaire du Tricastin. Elle est mise en service en 1980 (T1 & T2) puis 1981 (T3 & T4)

Elle comprend quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) de 915 MW chacun, soit une puissance totale de 3 660 MW pour la centrale.

La centrale produit chaque année environ 25 TWh, soit 6 % de la production électrique française. L’usine voisine d’enrichissement Eurodif, aujourd’hui en cours de démantèlement, consommait approximativement 15 TWh.

En 2024, EDF a versé à la ville plus de dix millions d’euros  au titre de la taxe foncière, de la cotisation foncière des entreprises et de l’impôt forfaitaire pour les entreprises de réseau.

Sources – Rapport d’orientation budgétaire 2025 – Ville de Saint-Paul-Trois-Châteaux

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Photo : L’Echo Drôme-Ardèche

Acte 7 : Le démantèlement des anciennes installations Eurodif, remplacées par les installations modernes, améliore la sûreté, le gain de productivité, le gain d’énergie et contribue à diminuer la pression sur le climat et l’environnement.

Sur le site nucléaire d’Orano, la notion de sûreté est un enjeu essentiel.

La fermeture des anciennes installations laisse place à de nouvelles usines qui correspondent aux plus hauts standards d’exigences et les équipes de sécurité reçoivent les formations spécifiques adaptées aux installations.

Le renouvellement des installations Orano

Il a permis de réduire significativement la consommation énergétique.

Pour prendre le relais de l’usine historique Georges Besse d’EURODIF, AREVA a investi plus de 3 milliards d’euros dans le nouveau site Georges Besse II (maintenant ORANO).

Le modernisme des installations et le procédé de centrifugation ne nécessitent plus l’utilisation des tours aéroréfrigérantes alors que Eurodif, nécessitait pour son refroidissement deux tours et 26 millions de m³ d’eau par an.

Dans la perspective d’une diminution de l’alimentation d’approvisionnement en eau du canal, de 10 à 40 % du fait de la fonte des glaciers et de l’élévation des températures, Orano permet ainsi de poursuivre ses activités dans de meilleures conditions. La fiabilité des installations passe aussi par la prise en compte des évolutions liées aux problèmes du dérèglement climatique et à la préservation de l’environnement.

Cela a donc permis à EDF de remettre sur le marché de l’énergie l’équivalent de plus de deux réacteurs nucléaires sur quatre existants. (Production EDF : 25 TWh, Eurodif consommait 15 TWh par an)

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Photo : L’Echo du Mardi

Acte 8 : L’exemple de nos industriels peut-il être une source d’inspiration pour notre commune ?

Dans un contexte d’adaptation au dérèglement climatique et d’une demande de production d’énergie croissante, nos entreprises font preuve d’ingéniosité pour améliorer tous les modèles, dont la sûreté et l’environnement, ce qui justifie l’investissement dans de nouvelles installations économiquement fiables.

Ainsi, à travers l’évolution de notre histoire industrielle, notre équipe Saint-Paul Autrement veut démontrer que l’adaptation est nécessaire.

Le dynamisme, l’écoute, la construction d’un projet pour notre commune doivent reposer sur une équipe soucieuse d’apporter des réponses en relation avec le présent et l’avenir.

La réhabilitation du patrimoine architectural et immobilier du cœur de ville nécessite des investissements indispensables auxquels nous devons répondre pendant ce premier mandat.

Créer des ambiances de bien-être où le mobilier urbain a sa place tout autant que le végétal, pour ombrager, rafraîchir, embellir et recréer du lien entre citoyens est une volonté forte de notre programme.

Faire de notre ville un lieu qui donne envie de s’y balader, de rentrer dans les commerces, de jouer, de se divertir, en famille ou avec des amis.

En venant à notre rencontre, vous nous avez rappelé combien notre ville était vivante par le passé.

Nous n’allons pas réécrire notre histoire, mais collectivement nous pouvons écrire l’avenir !

Acte 9 : Le développement industriel de Saint-Paul-Trois-Châteaux de 1936 à nos jours

C’est ainsi que notre petit village de 1500 habitants s’est développé en fonction des différents programmes industriels.

  • 1947 : construction du canal de Donzère-Mondragon : le plus grand chantier d’Europe pour l’époque et l’un des plus grands au monde. Il est inauguré en 1952 par le président Vincent.
  • 1956 : pose de la première pierre du bâtiment pilote (1ʳᵉ installation nucléaire démarre dans le périmètre de la clôture installée sur les communes de Pierrelatte).
  • 1960 à 1996 : les installations militaires sont en service.
  • 1961 à juin 1963 : les Usines chimiques de Pierrelatte (Comurhex) sont construites par la Société des Usines Chimiques de Pierrelatte (SUCP) / En 1971 les activités sont développées par la nouvelle société Comurhex.
  • À la fin de l’année 1968 : ouverture du prolongement autoroutier entre Montélimar-Sud et Orange.
  • 1973 construction de l’usine d’Eurodif (Georges Besse), en service de 1978 à 2019.
  • 1974 : construction de la centrale nucléaire du Tricastin (EDF). Elle a été mise en service en 1980 (T1 & T2) puis 1981 (T3 & T4).
  • 2007 : lancement des travaux GB2, inauguration en 2010
  • 2018 : Orano a inauguré Comurhex II, le 10 septembre.

 

L’équipe Saint-Paul Autrement avec Kristina Hazard

Pour une ville vivante et tournée vers l’avenir

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